Si  les niches de portes sont légions dans nos villages, il ne faut pas les confondre avec les "potales" édifiées sur des supports en pierre.

Les potales les plus réputées
Deux potales de Vinalmont sont dignes d'intérêt du fait de leur dimension et de leur ancienneté:  la potale de Notre-Dame du Bon Voyage et la potale Saint Roch.
En effet, si des constructions de ce genre se rencontrent assez souvent dans les campagnes voisines, aucune ne peut être comparée à celles-ci sur les deux points suivants:
- ces potales datent du 16ième siècle
- il s'agit de niches de calcaire reposant sur une colonne avec chapiteau formant un pédicule, le tout adossé à un mur
Si l'on cherche des comparaisons, on se tourne d'abord vers le style gothique tardif. On songe irrésistiblement aux colonnes de la deuxième cour du Palais des Princes-Evêques, à Liège, qu'évoquent à coup sûr les deux supports. Il est aussi intéressant de noter que les fonts baptismaux de l'église Saint Pierre, à Vinalmont, datés de 1538 par une inscription, présentent, en guise de support, ce même type de colonne cannelée.

La potale de Notre Dame du Bon Voyage

 

Notre Dame du Bon Voyage

Elle est située sur la route allant vers Villers-le-Bouillet, au coin du chemin de remembrement. Ses origines remonteraient au plus tard aux années 1550.
Elle fut, en 1933, le troisième monument classé de Belgique, après la création de la Commission des monuments et sites.
En 1976, elle a été abattue par la chute du peuplier d'Italie qui l'ombrageait. De fin décembre 1983 à début janvier 1984, les ouvriers du service des travaux de Wanze ont mené à bien une restauration longtemps attendue.
Après beaucoup de discussions quant au coût de la restauration ou à la situation, les ouvriers se sont basés sur une photographie de l'IRPA de 1943 pour commencer les travaux de reconstruction. Quelques marches précèdent  le monument et ont replacé, de part et d'autre de l'escalier, se dressent les deux croix d'occis qui y figuraient avant l'accident (les épitaphes sur les croix indiquent les dates de 1696 et 1732).
Cette restauration serait restée incomplète du point de vue historique si l'on n'avait procédé à la plantation de trois jeunes tilleuls pour abriter de nouveau la potale . A noter que nous savons grâce à un texte du 19ième siècle, que cet endroit portait le nom de "Au Tilleul ".

Ce petit oratoire est remarquable par la qualité de sa sculpture ; réalisé en calcaire local, il frappe par le soin apporté au travail des lobes, arcatures trèflées, colonnettes et cannelures en chevron ainsi que des chapiteaux orné de pampres .

La potale Saint Roch ou chapelle Sainte Anne

 

La potale Saint Roch

La seconde potale est située rue Albert 1er; elle est adossée au mur du jardin de la ferme Sainte Anne. La niche est de même forme que celle de la potale Notre Dame du Bon Voyage, avec deux colonnettes polygonales engagées à chaque angle. Dans la niche se trouvait un Saint Roch de bois, avec des restes de polychromie. Cette statue, œuvre d'art populaire, paraît dater du 17ième siècle, et est de toute façon bien postérieure à la chapelle (la statue a été retirée par crainte des voleurs).
Saint Roch a été canonisé en 1629 et son culte se développe largement dans les campagnes au 17ième siècle. Sa fête est célébrée le 16 août. Il est invoqué contre la peste qui a sévi à Vinalmont notamment en 1626-1636.
On pourrait supposer que le premier vocable de la chapelle était celui de Sainte Anne, nom sous lequel on désigne la ferme voisine. Il n'est pas non plus exclu que l'oratoire ait été déplacé.

Autres potales caractéristiques

La  potale Saint Léonard

 

Potale Saint Léonard

Plus récente que les potales de Notre-Dame du Bon Voyage et que la chapelle Sainte Anne, la potale Saint Léonard date de 1803 et est caractérisée par le style 18ième siècle. Elle se situe actuellement dans la rue Saint Léonard, face à l'ancien relais de poste.
Cette potale a été déplacée. La potale, à l'origine, aurait été érigée par le propriétaire des maisons Halquin, situées chemin Saint Léonard, bâtiments qui font maintenant partie du domaine du château. C'est ce qu'on peut déduire du fait que la potale porte les initiales 'I.F. " que l'on retrouve sur la façade de 2 deux petites maisons qui auraient été la propriété du donateur.
Saint Léonard, Saint Lina en wallon, est le patron des mineurs comme Sainte Barbe.

La potale Sainte Barbe

 

La potale Sainte Barbe

Cet édifice contemporain est situé " Al copète del xhavée ",  face à l'entrée du château de Wanzoul.
Il a été réalisé en pierre calcaire provenant des anciennes carrières Wilmart (aujourd'hui, carrières de Mont et van den Wildenberg) par d'anciens carriers,  Jules Verlaine et Jules Mertens.
La bénédiction de la potale a été célébrée le dimanche 27 novembre 1988.
C'est donc le pays de la pierre carrière, les carriers et Sainte Barbe que les Vinalmontois désiraient mettre à l'honneur par cet édifice.
Sainte Barbe se fête le 4 décembre. Elle est invoquée contre la foudre, le feu, la mort subite...
Elle est la patronne des fabricants de feu d'artifice, des artilleurs, des architectes, des fondeurs, des maçons , des fossoyeurs  et donc des carriers.
 

Les "petites" potales
Les niches de portes sont un type particulier de potales. Elles diffèrent des chapelles de carrefours ou de rue par leur taille, leur situation, leur objet.

 

Rue Vandervelde, 13

Elles sont destinées à commémorer un événement ou un vœu, ou élevées à des fins propiatoires (assurer un bon voyage, écarter le mauvais sort). C'est surtout dans ce dernier but que l'on place les niches au-dessus des portes (ouverture principale de la maison ou de l'étable, par où peut passer le démon).
Réalisées chez nous par les maîtres carriers (pour qui elles représentaient souvent un revenu d'appoint), elles leur permettaient de laisser libre cours à leur fantaisie.
Néanmoins, elles reflètent les grands courants artistiques, souvent avec un retard considérable (modèles du 18ième réalisés au 19 ième par exemple).
Citons-en quelques unes: rue Albert 1er, 13(19ième); rue Dejardin , 25 (1856); rue Foyards, 9 (1871); rue des potales, 29 (18ième  ? non datée); Ruelles, 14 (1789); rue de Wanzoul, 7 (date de 1774 mais exemplaire du 20ième); rue Vandervelde, 13 (1754 et 1838); rue Vandervelde, 20  (19ième );  rue des Vallées, 38  (1637);  rue Léon Verlaine,dans le puits de la Xhavée (19ième); rue L. Verlaine, 9 (1865);  rue du Pousserou, 7 (19ième);  rue de Wanzoul, 31(18ième  ?).